Me connaitre
Je suis née le 6 août 1946 à Marrakech (Maroc), à midi, par 50° à l’ombre. D’où sans doute mon goût pour la chaleur. J’ai vécu à Marrakech jusqu’à mon bac. J’ai gardé de ces seize années, un amour profond de cette ville, à l’époque très calme, sans pollution, sans jet-set, sans fortunes ostentatoires mais déjà d’une beauté unique. Tous les matins en pédalant sur mon vélo pour aller au lycée, j’avais la chance de voir l’Atlas, enneigé l’hiver, derrière la Koutoubia. Après Marrakech, j’ai commencé une vie étudiante à Rabat et son université ou j’ai passé deux ans. Ces 18 premières années de ma vie au Maroc font que je me sens marocaine presqu’autant que française.
J’ai poursuivi mes études d’Anglais à l’université de Montpellier ou j’ai obtenu une licence puis un Master de littérature américaine avec un mémoire sur Jack Kerouac et la Beat Generation.
Les élections présidentielles de 1965 (où François Mitterrand mit Charles De Gaulle en ballottage) ont été mon premier engagement politique à gauche. J’ai alors adhéré à la Convention des institutions républicaines, puis au PSU de Michel Rocard dans les années 1970 et enfin au PS à partir de 1973. J’ai commencé une licence d’économie et ai préparé l’ENA à l’IEP d’Aix en Provence avant de venir à Paris.
Je suis entrée à l’ENA en 1971, dans la promotion « Simone Veil » ou j’ai noué des amitiés que j’ai gardées, Hubert Vedrine et Michelle , Francis et Anne-Marie Idrac, Thierry Leroy et Véronique, Ariane Obolensky… A l’ENA, j’étais membre de la section CFDT. Avec Ariane Obolensky, nous avons été les premières femmes élèves de l’ENA à être admise à la prestigieuse direction du Trésor, au Ministère des Finances, ou nous avons été très bien accueillies. J’ai, pendant cinq ans, beaucoup appris sur l’économie et le système financier français, dans les bureaux chargés de la gestion de la trésorerie de l’État, puis de la tutelle des banques (à l’époque l’État contrôlait de près) puis le marché financier. En 1979, j’ai été nommée, pour deux ans, attachée financière à notre ambassade à Londres. Mon mari Jean-Louis faisait la navette chaque semaine entre Paris et Londres, et a terminé sa thèse de professeur d’économie à Londres. Notre fils Edouard y est né en novembre 1980.
Nous avons vécu la 3ème campagne présidentielle de François Mitterrand en 1981 à Londres ou nous étions une poignée de jeunes diplomates à militer pour le candidat de la gauche. Nous faisions des réunions d’appartement ! Quelle joie le soir des résultats ! Et quelle jubilation lorsque nous sommes arrivés à l’Ambassade ou dominaient les mines déconfites et les têtes d’enterrement.
De cette période, j’ai gardé des amis proches, Patrick et Michèle Villemur, ainsi que Pierre Vimont qui sera, dix ans plus tard, le directeur de mon cabinet au Ministère des Affaires européennes et qui poursuit une brillante carrière de diplomate.
Je suis revenue à Paris en juillet 1981 pour travailler aux côtés de Jacques Delors, le nouveau Ministre des Finances. Les difficultés économiques et les dévaluations monétaires se succédant, le Secrétariat général de l’Elysée a alors recherché un conseiller chargé de l’économie internationale, du commerce extérieur, des affaires européennes et des sommets. C’est ainsi que j’ai été appelée à l’Elysée en 1982. En 1984, le Président de la République a souhaité que j’intervienne aussi sur les Affaires européennes. A la veille de la cohabitation de 1986, le Président Mitterrand m’a nommée à la tête du très stratégique « Secrétariat général de la coordination interministérielle » (SGCI) qui coordonne la politique européenne des différents ministères français, avant toute réunion à Bruxelles. Le Président souhaitait conserver, en période de cohabitation, la maitrise de la politique européenne, comme de la politique étrangère de la France.
Après sa réélection en 1988, le Président m’a confié la responsabilité de la mission française d’aide aux pays d’Europe centrale et orientale. En 1989, j’ai présidé le groupe de travail de hauts fonctionnaires européens, des ministères des finances et des affaires étrangères, chargé des travaux préparatoires au lancement de la Conférence intergouvernementale sur la monnaie unique européenne.
En 1990, le Président Mitterrand m’a nommée Ministre déléguée aux Affaires européennes, à la suite de la démission d’Édith Cresson. J’ai ainsi participé avec Roland Dumas, Ministre des Affaires Etrangères et Pierre Beregovoy, Ministre des Finances, à la rédaction, la négociation et à la mise en place du traité de Maastricht.
En 1992 j’ai décidé de me confronter au suffrage universel. Les élections régionales dans le Vaucluse du printemps 1992 et puis la campagne de l’été 1992 pour le Oui au référendum sur Maastricht ont été mes premières batailles électorales.
Élue députée européenne en 1994, j’ai présidé la délégation socialiste française au Parlement européen . Pendant ce mandat, j’ai été désignée par le groupe socialiste européen pour représenter le Parlement européen à la Conférence intergouvernementale qui a préparé le Traité d’Amsterdam. Je suis entrée pour la première fois au Conseil national et au Bureau national du PS.
En 1994, j’ai fondé l’association Europartenaires pour promouvoir le débat d’idées sur l’Europe.
Après avoir activement participé à la campagne présidentielle de 1995, j’ai intègré l’équipe de Lionel Jospin à la direction du Parti socialiste, où j’ai assumé les fonctions de Secrétaire nationale aux questions sociales.
Lors des élections législatives de 1997, j’ai été élue députée du Vaucluse. Lionel Jospin devenu Premier ministre, m’a choisi comme Ministre de la Justice et permis de devenir ainsi la Première femme Garde des Sceaux.
Dès le premier jour, j’ai pris l’engagement de mettre fin à l’intrusion du politique dans les affaires judiciaires et de ne plus donner d’instructions individuelles aux parquets : ce fut une révolution dans le monde politique et judiciaire. J’ai voulu que le ministère de la Justice ne soit plus celui des affaires, mais celui du droit et conduit une politique pénale autour de quelques grandes priorités : associer prévention-sanction-réinsertion contre la délinquance, respecter la présomption d’innocence, diminuer la surpopulation pénitentiaire et rénover les prisons, organiser le suivi social et judiciaire des délinquants sexuels. Le renforcement de l’indépendance de la Justice, la présomption d’innocence et l’impulsion d’une politique judiciaire européenne commune ont été mes priorités pour la Justice, de même que la réorganisation de la carte judiciaire des tribunaux de commerce. J’ai aussi eu l’honneur et la joie, comme Garde des Sceaux de défendre la loi Constitutionnelle qui a introduit la parité dans les mandats électifs. J’ai fait adopter le PACS et réformée la loi sur les divorces. J’ai rétabli le droit pour les jeunes étrangers nés sur le sol français de devenir français automatiquement à leur majorité. J’ai aussi fait adopter par l’Assemblée Nationale le droit de vote des étrangers non européens aux élections locales. Avec Dominique Strauss-Kahn, alors Ministre des Finances, nous avons fait établir la première liste des paradis fiscaux. J’ai fait voter une loi contre la corruption.
En 1999, j’ai été élue « femme de l’année » par le Trombinoscope.
D’octobre 2000 à mai 2002, j’ai exercé les fonctions de Ministre de l’Emploi et de la Solidarité. A la tête de cet immense ministère, avec six ministres délégués et secrétaire d’Etat (Bernard Kouchner à la Santé, Ségolène Royal à la famille, Claude Bartolone à la ville, Nicole Perry aux droits des femmes et à la formation professionnelle, Guy Hascoët à l’économie solidaire, Paulette Guinchard Kunstler aux personnes âgées), j’ai élaboré et fait voter la loi créant une allocation pour les personnes âgées dépendantes (APA), j’ai revalorisé les carrières des professionnels de santé et j’ai poursuivi la mise en place des 35h. J’ai mis en place un nouveau plan de lutte contre l’exclusion, en créant notamment une allocation autonomie de 300 euros pour les jeunes de moins de 25 ans engagés dans des programmes d’accès à un premier emploi et j’ai organisé la pérennité des emplois jeunes.
En mars 2001, j’ai tenté, sans succès, de conquerir pour la gauche la Mairie d’Avignon. Après mon échec aux élections municipales, j’ai décidé de démissionner de mes mandats locaux en Provence Alpes Cote d’Azur. L’année suivante, Véronique Neiertz, Députée de Seine-Saint-Denis, qui ne souhaitait pas se représenter, m’a proposé, de prendre sa suite. Avec l’appui des élus de la Seine-Saint-Denis et notamment de Bruno Le Roux, Député, et Gilbert Roger, Maire de Bondy, je me suis présentée aux élections législatives de 2002 en Seine-Saint-Denis et j’ai été élue Députée de la 9ème circonscription comprenant les villes de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville.
Réélue dans ma circonscription en 2007, je suis, depuis, membre de la Commission des Affaires Étrangères et de la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale. J’ai participé à plusieurs missions dans plusieurs missions d’information parlementaires sur l’Union pour la méditerranée, l’Iran, les paradis fiscaux, la Syrie et le Service européen d’action extérieure.
Élue Maire adjointe à la Mairie de Noisy-le-Sec en 2008, j’ai travaillé sur la création de la plus grande Communauté d’Agglomération de la Région Ile-de-France, dénommée « Est-Ensemble » à laquelle adhèrent les trois villes de ma circonscription, Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville.
Martine Aubry, Première Secrétaire du Parti Socialiste m’a chargée au Secrétariat national du parti, de la Réforme de l’État et des Collectivités territoriales.
J’ai aussi toujours voulu m’investir dans des activités associatives. En 1994, j’ai crée l’association Europartenaires, que je co-préside aujourd’hui avec Jean-Noël Jeanneney. Je siège aussi au conseil d’administration de la fondation crée par Jacques Delors, Notre Europe. Je suis membre du conseil d’administration du think tank européen Les Amis de l’Europe.
L’euroméditerranée me tenant très à coeur, je co-préside avec Abderahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque centrale d’Algérie, le comité de pilotage politique du Think Tank Ipemed qui se consacre à la coopération euro-méditerranéenne.
