Le faux suspense de la candidature de M. Sarkozy
La candidature de M. Sarkozy est tout sauf une surprise. Le faux suspense que M. Sarkozy a essayé d’entretenir, pensant attirer l’attention et provoquer la sympathie des Français, n’a suscité au mieux qu’indifférence, le plus souvent un profond rejet.
Pourtant il aura tout tenté pour remobiliser l’opinion : cérémonies de vœux à rallonges destinées à flatter chaque catégorie de citoyens-électeurs, réquisition de six chaînes de télévisions pour une intervention surréaliste sur la situation du pays, mise en scène pathétique du couple franco-allemand…
M. Sarkozy est en campagne depuis quatre mois au moins, et ce, aux frais du contribuable, utilisant de façon partisane les moyens de l’Etat. L’annonce de sa candidature ne changera finalement qu’une chose : il ne pourra plus utiliser les moyens de l’Etat pour mener campagne.
Là où nos compatriotes attendent des réponses concrètes sur les sujets qui les préoccupent véritablement (l’emploi, le pouvoir d’achat, le logement, la santé), M. Sarkozy préfère une fois de plus parler de lui. Triste et, je le souhaite, dernière illustration de ce qu’auront été ces cinq dernières années.
Mais il y a plus grave. Je suis révoltée lorsqu’il cherche à faire croire aux Français qu’il n’est pas responsable de la grave crise économique et sociale que vit notre pays. Son bilan est désastreux : un million de chômeurs en plus, explosion de la dette et des déficits, hausse sans précédent des inégalités et dégradation de la morale publique. Il n’est donc pas étonnant qu’il cherche à le faire oublier.
Pour masquer son bilan catastrophique, il se porte sur le terrain de la droite extrême et de l’extrême-droite. Pire, il s’en prend une fois encore aux foyers les plus fragiles. Dans une logique indécente, il cherche à faire des principales victimes de sa politique (les chômeurs et les étrangers en particulier) les responsables de la situation du pays. En s’en prenant de la sorte aux plus faibles, il tente de détourner l’attention et de séduire la frange la plus droitière de son électoral naturel, dont il doute qu’elle lui soit encore acquise. Il n’hésite pas à augmenter la TVA ou à annoncer la tenue de référendums sur des questions visant une fois de plus à diviser et à dresser les Français les uns contre les autres.
Mais comme l’a dit François Hollande, le prochain référendum, c’est l’élection présidentielle. Le peuple français s’exprimera et indiquera son choix pour les cinq prochaines années.
