Les députés UMP préparent la casse du Code du travail
Lors de l’examen de la proposition de loi relative à la simplification et à l’amélioration de la qualité du droit le 1er février à l’Assemblée nationale, les députés UMP ont voté un amendement en catimini, qui, s’il était définitivement adopté, marquerait un profond bouleversement du Code du travail. Je veux dire mon opposition à la fois à la méthode et aux dispositions de cet amendement.
Lors de son intervention télévisée du 29 janvier dernier, Nicolas Sarkozy avait dit vouloir mettre en œuvre des accords « compétitivité-emploi » qui s’imposeraient à la loi. Cette initiative était déjà contestable. Mais là où le chef de l’Etat avait renvoyé à la négociation avec les syndicats l’examen de cette proposition, les députés UMP ont voté cet amendement au détour de la discussion d’un article, et ce sans aucune négociation syndicale ! Cela n’est pas normal.
L’article 40 de cette proposition de loi créerait en effet un nouvel article du Code du travail selon lequel le temps de travail d’un salarié pourra être modifié sans l’accord de ce dernier. Pire, cette modification de ses conditions de travail s’imposera à lui.
Or la jurisprudence de la Cour de cassation est claire à ce sujet. Dans un arrêt rendu le 28 septembre 2010, elle indique que « l’instauration d’une modulation du temps de travail constitue une modification du contrat de travail qui requiert l’accord exprès du salarié ». C’est pourquoi le vote définitif de cette disposition constituerait un bouleversement scandaleux de notre Code du travail et de notre droit. Lire la suite »
