J’étais l’invitée de Radio Orient
Elisabeth Guigou, ancienne ministre de la justice, actuelle députée socialiste de Seine-Saint-Denis et conseillère pour les affaires européennes du candidat PS à la présidentielle.

Pour réécouter l’interview:
La députée socialiste a été en visite en Algérie à la demande de François Hollande. Elisabeth Guigou a réagit sur Radio Orient sur l’objectif de sa visite.
« Il était très important de pouvoir venir dire à l’ensemble des autorités, des partis politiques mais aussi à la société algérienne, par ce voyage, que François Hollande voulait que les relations entre la France et l’Algérie prennent un nouveau cours, et en vérité soit refondées parce que ces relations se sont profondément dégradées, très franchement elles ne sont pas ce qu’elles devraient être. Il y a eu des actes en France de la droite, depuis 2002-2003, qui ont profondément choqués…. »
L’ancienne ministre a également réagi sur la loi de 2005 affirmant le rôle positif de la colonisation :
« La colonisation en soi c’est un système détestable qui a d’ailleurs conduit à des tragédies, des deux côtés, qu’on aurait pu éviter. Il était très important qu’on vienne dire dans ce pays là, où nous partageons une Histoire douloureuse, sans parler d’excuses ni de repentances, de dire oui, nous condamnons le système colonial. En-soi, il a produit des tragédies. Il me semble que François Hollande l’a déjà dit… Il faut que nos historiens travaillent ensemble car il faut qu’on arrive à avoir un débat et une Histoire partagée. Cela ne se fera pas du jour au lendemain car les blessures sont là, parce que le regard est forcément différent. Deuxièmement, il y a un travail de mémoire. La mémoire ce n’est pas comme l’Histoire. C’est l’émotion, c’est le vécu, et les vécus sont forcément différents. Là aussi il faut que nous ayons nos associations, que les rencontres se fassent pour parler de ce passé que nous avons vécu différemment selon qu’on était algérien ou marocain… Moi je dis à mes amis marocains et algériens comment, enfant, j’ai vécu cela. J’ai forgé mon engagement politique contre la colonisation tout en étant là-bas, tout en étant en famille, on était inquiet forcément, puisque c’était un bouleversement l’indépendance… Parlons de tout cela, et à partir de ce moment, surtout regardons vers l’avenir. Nous avons cette histoire qui est très riche, ces liens culturels et humains qui sont irremplaçables pour nos jeunes, par exemple ceux de la Seine Saint Denis qui doivent être fiers de leur racine… Quand j’ai parlé de cela pendant ces deux jours à tous mes interlocuteurs (algériens), j’ai senti que quelque chose de nouveau pouvait être fait, dès lors qu’on se voyait un avenir partagé et un destin commun… »


