Catégorie : Dans les médias

09 02 2012

J’étais l’invitée de Revue de Presse sur Paris Première

02 01 2012

Elisabeth Guigou : « Ce que nous craignions s’est réalisé »

Un an après son élection présidentielle, François Mitterrand l’a chargée (jusqu’en 1990) de suivre pour l’Elysée des dossiers sur l’Europe. Ministre des Affaires européennes (1990-1993), Elisabeth Guigou a été témoin des négociations qui ont précédé la naissance de l’euro.

Quels ont été les moments forts de ces années de négociations ?

Dès le milieu des années 80, la politique européenne est devenue la principale préoccupation de Mitterrand. Je me souviens de cette rencontre entre lui et le chancelier Helmut Kohl en 1988. Nous sommes à Evian. Mitterrand lui dit : «Je suis prêt à accepter la libéralisation des mouvements de capitaux, mais à deux conditions. Il nous faut une monnaie unique et une harmonisation fiscale sur l’épargne.» Kohl accepte. Aussitôt, Mitterrand demande à Jacques Delors de faire un rapport sur la création d’une monnaie unique.

Vous aviez la marche à suivre ?

Nous avions, grâce au rapport Delors, une feuille de route qui traçait les grandes lignes. L’un des autres temps forts se joue lors d’un Conseil européen, en 1989. Mitterrand exige une date pour l’ouverture de véritables négociations sur la monnaie unique.

C’est une surprise ?

Oui. Kohl ne dit rien. Tout le monde sait qu’il subit des pressions de la Banque centrale allemande ou de son ministre des Finances, Theo Waigel. La tension était forte. Mitterrand lui rappelle alors ses engagements pris un an plus tôt à Evian. Kohl accepte. Mais, parallèlement, Kohl dit à Mitterrand :«Si on va vers la monnaie unique, il faut aller vers une union politique.». Mais, en décembre 1991 à Maastricht, nous adoptons simplement la création de l’euro et, sur proposition de François Mitterrand, une date butoir, 1999.

Quel est votre bilan aujourd’hui ?

Ce que nous craignions s’est réalisé. Nous savions que nous aurions plus facilement une union monétaire avec un euro et une Banque centrale européenne comme éléments d’une structure supranationale. Nous étions conscients de la difficulté de construire un fédéralisme économique qui devienne le pendant de cette union monétaire. Mais le refus allemand était absolu. Leur conception de l’union monétaire était axée sur la stabilité des prix. Côté français, nous demandions en outre que la croissance, l’emploi et la cohésion sociale soient pris en compte.

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12 12 2011

Débat face à François Baroin sur BFM TV

J’étais l’invitée de BFM TV, hier soir, pour débattre face à François Baroin autour du thème de l’Europe et la règle d’or.

05 12 2011

14 ans après, on cite encore les lois Guigou

Pour Daniel Zagury, psychiatre à l’hôpital de Ville-Evrard (Seine-Saint-Denis) et expert auprès de la cour d’appel de Paris, la récupération politique autour du meurtre d’Agnès est immorale et constitue un obstacle à l’amélioration de la lutte contre la récidive.

Alors que le meurtre d’Agnès a suscité une immense émotion au niveau national, le gouvernement a rapidement annoncé son intention de légiférer sur l’évaluation de la dangerosité des délinquants sexuels. Qu’en pensez-vous ?

Les drames comme celui d’Agnès ne sont ni de droite ni de gauche, ils appartiennent à la collectivité nationale. C’est le devoir du politique que d’exprimer une compassion, mais le discours malsain qui consiste à essayer de gagner des voix sur le malheur me provoque la nausée. Ces dernières années, on observe le même ballet rituellement réglé après chaque drame national : des déclarations politiques sont faites qui laissent entendre qu’on va solutionner définitivement la récidive et comme elles témoignent d’une impuissance exaspérante, des bouc émissaires sont immédiatement recherchés parmi les magistrats, les psychiatres, le personnel pénitentiaire…

On est dans l’irrationalité et l’émotion. Ces drames qui secouent l’opinion publique sont le plus souvent des situations absolument rarissimes. Essayez d’imaginer une politique de santé publique qui serait exclusivement fondée sur les maladies les plus rares !

«IL FAUT SORTIR DES POLÉMIQUESPARTISANES ET POLITICIENNES»

Où situer le débat après un tel drame?
En dehors des polémiques partisanes et politiciennes. Une société sans crime et sans récidive, ça n’existe pas, même dans les pays qui travaillent mieux que nous ! Toute la difficulté est d’expliquer aux gens que l’on n’atteindra pas le risque zéro tout en visant à améliorer l’expertise. Pour cela, il faut un véritable contrat social qui ne soit pas fondé sur l’affichage et le mensonge.

Comment améliorer les expertises psychiatriques et criminologiques?
Il faut former les gens, les inciter financièrement et attirer les meilleurs : éviter qu’ils se retrouvent contraints à devenir des « serial experts », c’est-à-dire à rattraper la faiblesse de la rémunération par la quantité et la médiocrité de leurs rapports. Il faut sortir de la situation catastrophique de notre pratique aujourd’hui dont l’exercice est si dévalorisé et ridiculisé que les jeunes n’en veulent pas.

Comment se donner les chances de limiter les risques de récidive ?
En faisant un travail sur le long terme, en profondeur, et en concertation avec les professionnels. J’en veux pour exemple la loi Guigou de 1998 sur la prévention, la répression des infractions sexuelles et la protection des mineurs, qui a été mûrie par la droite et le centre, et finalisée par la gauche en concertation avec les professionnels. C’est comme ça qu’il faut travailler !Point final

Vanessa Boy-Landry – Parismatch.com

05 12 2011

Elisabeth Guigou : «Il cède tout à l’Allemagne»

Députée PS de Seine-Saint-Denis, Elisabeth Guigou a été ministre des Affaires européennes dans le gouvernement de Lionel Jospin.

Que retenez-vous de ce discours de Toulon?
ELISABETH GUIGOU. 
Nicolas Sarkozy a prononcé un discours d’autojustification sans aucune proposition nouvelle. Il a beaucoup joué sur la dramatisation, la peur face à des périls qu’il a lui même contribués à créer.

Toulon 1, c’était Nicolas Sarkozy le grand régulateur. Toulon 2, c’est Nicolas Sarkozy le grand protecteur. Mais cette fois, la ficelle est un peu grosse…

Une sortie de crise « par le travail et l’effort », vous êtes contre? 
Osez dire cela quand on a dépensé comme lui 4,5 Mds€ pour défiscaliser les heures supplémentaires de seulement 275000 personnes, c’est ne pas manquer de culot… Les Allemands ont dépensé 5 milliards pour financer le maintien au travail de 3,5 millions de personnes. Alors le travail et l’effort, évidemment, mais en évitant une politique de gribouille.

La « discipline » pour sortir l’Europe de l’ornière… 
Il faut respecter des règles, c’est clair. Le problème est que Nicolas Sarkozy a été le premier à faire le contraire. Au nom de quoi se permet-il de venir donner des leçons de bonne gestion? Au-delà du respect de la discipline budgétaire, il faut trouver des solutions d’urgence et notamment permettre à la Banque centrale européenne d’être le prêteur en dernier ressort pour dissuader la spéculation sur les marchés.

A-t-il trouvé le ton juste vis-à-vis d’Angela Merkel? 
Difficile en un discours de rattraper des années de relations tendues avec la chancelière allemande. Une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy est apparu à la remorque de l’Allemagne. Il cède tout à l’Allemagne, comme la possibilité d’émettre des eurobonds. Il a renoncé, parce que la France est affaiblie sur tous les plans.

Les attaques contre le PS sur la retraite à 60 ans, les 35 heures vous ont-elles choqué? 
Nicolas Sarkozy fait du réchauffé. On sent qu’il n’a pas grand-chose à dire. Si les 35 heures étaient vraiment le problème numéro un, pourquoi ne les a-t-il pas supprimées?

C’était un discours de président ou de candidat à la présidentielle? 
De candidat évidemment. Il a abondamment critiqué la gauche sans d’ailleurs proposer d’alternatives sérieuses. Avec ce bain de foule, ces 5000 personnes, etc. il est évident que Nicolas Sarkozy est aujourd’hui très clairement en campagne en utilisant les moyens de l’Etat. C’est inacceptable!

Le Parisien

Propos recueillis par Éric Hacquemand