30 01 2012

Communiqué sur l’intervention de Monsieur Sarkozy

J’ai trouvé l’intervention de Monsieur Sarkozy surréaliste et scandaleuse.

Monsieur Sarkozy prétend ne pas être candidat et être totalement président de la République. Or, il n’a pas dit un mot du sommet européen qui a lieu aujourd’hui même et qui rassemble les 27 chefs d’État et de Gouvernement de l’Union européenne! Pas un mot sur les mesures pourtant indispensables pour réguler durablement la crise de la zone euro, qui est loin d’être derrière nous. Pas un mot sur le soutien à la croissance.

Les propositions qu’il a formulées, comme  s’il n’était pas président depuis 5 ans, sont marquées par l’improvisation et la précipitation. Pourquoi ne pas les avoir décidées avant? Sur plusieurs d’entre elles, il est à la remorque de François Hollande : sur l’emploi des jeunes, ou sur la banque de l’industrie alors même que ses ministres déclaraient inutile la création d’une banque publique d’investissement proposée par François Hollande, dès lors qu’OSÉO existait déjà.

Monsieur Sarkozy a confirmé l’augmentation de la TVA qui est un non sens économique, puisque cela va comprimer la consommation, alors que celle-ci est le principal moteur de la croissance, et alors que la France est en récession. Elle est aussi un scandale social puisqu’elle va peser davantage sur les catégories défavorisées et les classes moyennes.

Les mesures qu’il a annoncées sur le contrat de travail sont une atteinte directe au code du travail.

Enfin, sur les permis de construire, la possibilité d’augmenter de 30% les surfaces, ne profiterait qu’à ceux qui ont les moyens financiers d’agrandir leur logement.

Ces mesures ne pourront, de toute façon, prendre effet qu’après la présidentielle, donc si Monsieur Sarkozy est réélu, ce qui est le signe d’une certaine arrogance à l’égard des Françaises et des Français qui souffrent de la crise.

Monsieur Sarkozy a commencé son quinquennat en donnant de l’argent aux riches, il le termine en prenant de l’argent aux pauvres.

25 01 2012

Au Bourget, un parfait lancement de campagne présidentielle

Le discours prononcé par François Hollande, dimanche dernier au Bourget, a été à la hauteur de l’enjeu, celui du changement, à la hauteur du moment, décisif, et à l’image de l’homme, sincère et authentique. Il a suscité, à n’en pas douter, la crainte dans les rangs de la majorité.

Ce premier grand meeting m’a rappelé ceux de François Mitterrand : hauteur de vue, pugnacité, engagement de notre candidat, enthousiasme des militants, admiration pour la performance physique, intellectuelle et politique de la part de tous les présents.

François Hollande a eu raison d’aborder la question de l’impartialité de l’Etat dès le début de son discours. Depuis 2002, et plus encore depuis 2007, la droite a dégradé le climat politique et la morale publique. En plus de la dégradation financière, économique, sociale ou européenne, la droite est responsable de dégradation morale : nominations outrageusement partisanes, multiplication des conflits d’intérêts, utilisation scandaleuse des moyens publics pour la campagne de l’UMP. Face à ces dérives, François Hollande a exposé sa conception de la présidence de la République qui préserve la neutralité et l’intégrité de l’Etat : respect des compétences de chacun, garantie de l’indépendance de la justice, lutte impitoyable contre la corruption, partage du pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions, non-cumul des mandats, parité dans l’exercice des responsabilités et droit de vote des étrangers aux élections locales. Read more »

24 01 2012

Pourquoi je suis contre la loi pénalisant la négation du génocide arménien

L’adoption définitive par le Parlement de la proposition de loi visant à réprimer la négation du génocide arménien a été l’objet de vifs débats et controverses. Comprenant parfaitement la passion qui anime la communauté arménienne et sans vouloir polémiquer avec mes camarades socialistes qui y sont pour la plupart favorables, je veux dire mon opposition à cette loi votée par l’Assemblée nationale le 22 décembre dernier et par le Sénat hier soir.

Trois éléments fondent mon désaccord : Read more »

19 01 2012

Discours sur le projet de loi organique portant application de l’article 68 de la Constitution

Monsieur le président, Monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues,

Il est « de l’essence de la République, que le chef de l’Etat fut responsable » disait Tocqueville «(Souvenirs). Pendant plus d’un siècle, et sous trois Républiques, la question de la responsabilité du chef de l’Etat n’a pas fait l’objet d’attention particulière, le principe monarchique selon lequel « le roi ne peut mal faire » étant encore très prégnant dans les esprits.

La question s’est posée à partir de mars 1999, avec le développement des « affaires » affectant la gestion de la ville de Paris alors que Jacques Chirac en était le Maire, en même temps qu’il présidait le RPR.

Ces affaires ont suscité une importante controverse politique, doctrinale et juridique sur l’étendue de l’immunité pénale et politique de notre chef de l’Etat. Selon la Constitution de 1958, le chef de l’Etat n’était responsable des actes accomplis pendant son mandat, qu’en cas de « Haute trahison ». Dans ce cas, il était jugé  par la Haute Cour de Justice.

Deux décisions, l’une du Conseil constitutionnel en 1999, l’autre de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation en 2001, furent rendues sur ce sujet, avec des interprétations divergentes. Pour le Conseil Constitutionnel, le président de la République bénéficiait d’un privilège de juridiction pour tous les actes, y compris ceux commis à titre personnel. En revanche, pour la Cour de Cassation dont la décision représentait un progrès – bien qu’encore insuffisant-, les juridictions ordinaires demeuraient compétentes pour les actes détachables de sa fonction, mais à la fin du mandat présidentiel.

Dès 2001, les socialistes ont déposé une proposition de loi constitutionnelle qui modifiait le système de responsabilité juridique du Chef de l’Etat avec la volonté d’établir un juste équilibre entre deux préoccupations essentielles :

d’une part, éviter que le président de la République fasse l’objet d’attaques judiciaires incessantes, qui mettrait en péril l’exercice de ses fonctions. La fonction du président de la République doit ainsi être protégée car, il est nécessaire à la fois de préserver « la continuité des institutions » dont le Président se trouve être le garant en vertu de l’article 5 de la Constitution et de respecter le principe fondamental de la séparation des pouvoirs.

D’autre part, la nécessité d’une responsabilité personnelle du titulaire de cette fonction pour les actes détachables de sa fonction c’est à dire les actes commis sans rapport avec le mandat ou commis avant l’élection, au nom du principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi, issu de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.

Notre proposition de loi prévoyait un privilège de juridiction pour la mise en oeuvre de la responsabilité politique du chef de l’Etat c’est à dire les actes reliés à sa fonction mais pour le reste, ce dernier était considéré comme un simple citoyen et donc justiciable devant les tribunaux ordinaires, les juridictions pénales ou civiles.

Adopté en juin 2001 par l’Assemblée nationale en première lecture, le texte a été bloqué par la majorité de droite au Sénat, et n’a finalement pas pu aboutir avant la fin de la législature.

Lors de la campagne présidentielle de 2002, Jacques Chirac avait promis une réforme constitutionnelle : «  je trouve qu’il est désagréable et très gênant que le président de la République ne puisse pas répondre à la convocation d’un juge » déclarait Jacques Chirac pendant la campagne…

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17 01 2012

« Reconduites à la frontière : chiffres records ! »

La politique migratoire du gouvernement a de nouveau causé des drames dans notre département de Seine-Saint-Denis. Depuis le durcissement causé par la nouvelle loi sur l’immigration, entrée en vigueur en juin 2011, les situations les plus absurdes et, très souvent douloureuses, se multiplient. En 2011, le gouvernement a effectué 32 912 expulsions. Le nombre des titres de séjour accordés aux nouveaux arrivants a baissé de 3,6%, les titres de séjours accordés à de nouveaux salariés étrangers a baissé de 26% et les titres de séjours pour « liens personnes et familiaux » de 14%. Chiffres record !

Dans le département, trois cas particuliers interpellent mon attention :

A Aubervilliers, c’est un père de deux enfants scolarisés, installé en France depuis 10 ans, qui a été arrêté et reconduit à la frontière vers la Chine. Cette reconduite démembre une famille et la plonge dans une détresse que des enfants d’un tel âge ne devraient pas connaitre. Pire, la famille est toujours sous la menace d’une expulsion sous motif que, compte tenu du jeune âge des enfants, ils pourraient mener une vie normale en Chine. J’apporte tout mon soutien à la famille Mo et à RESF qui continue à se mobiliser pour demander le retour de M. Mo et éviter l’expulsion de son épouse et ses jeunes enfants. Read more »