Encadrement du montant des loyers : une vraie mesure de justice sociale
Pour répondre aux accusations de l’UMP qualifiant de « stupide » notre proposition visant à encadrer le montant des loyers, je veux rappeler l’intitulé exact de la proposition inscrite dans le projet du Parti socialiste : « Pour stopper l’envolée des loyers, nous plafonnerons leur montant lors de la première location ou à la relocation, notamment dans les zones de spéculation immobilière, et nous financerons la construction de 150 000 logements sociaux par an ».
Cette proposition comporte donc deux volets. D’abord un encadrement du montant des loyers, à certains moments et dans certaines zones. Il ne s’agit pas donc pas, comme l’affirme l’UMP, de bloquer tous les loyers ou de les geler partout, ce qui pour le coup serait stupide et favoriserait les absurdités. Cela consiste à observer, quartier par quartier ou commune par commune, les loyers pratiqués par type d’appartement de manière à fixer des plafonds à ne pas dépasser.
Second volet de cette proposition : la construction de logements neufs pour dynamiser l’offre. C’est précisément parce que l’offre fait cruellement défaut, alors que dans le même temps la demande est en forte augmentation, que nous assistons à des hausses incessantes des loyers. Lors d’une relocation en effet, faute d’encadrement, les bailleurs peuvent augmenter les loyers à leur guise. Ils profitent de la pénurie de logement pour fixer librement leur montant selon la loi de l’offre et de la demande.
Je tiens à rappeler qu’en Ile-de-France, qui sera la région la plus visée par un futur encadrement des loyers, ceux-ci ont augmenté de 50 % depuis 2001 à Paris intra-muros, de 43 % dans la petite couronne et de 42 % en grande couronne. En Seine-Saint-Denis, il y a dix fois plus de demandes que de logements sociaux. Et dans le privé, on ne trouve rien à moins de 600 euros par mois sans les charges. Cela n’est plus supportable. Sauf à vouloir que Paris et nos grandes villes ne soient habitées que par des familles aisées, nous devons enfin agir. Je trouve choquant que des familles des classes moyennes ne parviennent pas à trouver un appartement à louer dans Paris et qu’ils doivent déménager de plus en plus loin de leur lieu d’activité. Je rappelle que le droit au logement a valeur constitutionnelle. Si nous voulons favoriser le lien et la mixité sociale et permettre à chacun de trouver un logement, il faut commencer par encadrer les loyers.
