22 11 2011

Interview dans Elle.fr : Législatives : Guigou regrette une parité inégale au PS

Une Assemblée nationale encore majoritairement masculine en 2012? Alors que le Parti socialiste est en train de statuer sur les investitures des candidats aux prochaines législatives, des élues s’inquiètent d’une parité qui ne serait pas réelle mais de façade. Elles regrettent que les femmes soient investies sur des circonscriptions non gagnables. Ce qui rend difficilement réalisable,  voire complétement utopique, l’objectif de 50% de femmes élues. Elisabeth Guigou partage ce constat. Elle était Garde des Sceaux quand la première loi sur la parité a été adoptée en 1999. Engagée sur les questions d’égalité hommes-femmes, elle est députée en Seine-Saint-Denis depuis dix ans et se présente en 2012, dans la circonscription de Pantin-Aubervilliers. Interview.

ELLE.fr : Des élues PS du Val de Marne dénoncent une « parité de façade » aux prochaines législatives, les femmes étant investies dans des circonscriptions difficilement gagnables. Êtes-vous d’accord avec ce constat?
Elisabeth Guigou : Il est vrai que la contribution des fédérations départementales à la parité est très inégale. Dans le Nord-Pas-de-Calais par exemple il n’y a qu’une candidate sur 12 circonscriptions. Au niveau national, le PS se réserve donc le droit d’en décider autrement. En Seine-Saint-Denis par exemple, 4 circonscriptions sur 12 sont réservées à des femmes. Mais il est difficile d’astreindre totalement les fédérations car elles répondent qu’elles connaissent le terrain et savent mieux qui peut gagner.
Le combat pour la parité demande beaucoup d’effort et d’énergie. Elle va de soi sur les scrutins de liste car la loi impose une alternance stricte. Mais pour les scrutins uninominaux, comme les législatives, c’est plus compliqué car elle dépend de la bonne volonté des partis politiques. Les partis préfèrent payer plus que de présenter autant de femmes que d’hommes. A cet égard, il faut rappeler que le PS paie quand même quatre fois moins de pénalités financières que l’UMP.

ELLE.fr : Ces difficultés qu’invoquent les élues du Val de Marne, vous les avez rencontrées personnellement? 
Elisabeth Guigou : Actuellement, je suis en Seine-Saint-Denis, c’est une terre de gauche et donc un environnement beaucoup moins agressif. Je ne me plains pas donc, loin de là. Je suis élue dans le département depuis dix ans. En 2007, j’ai été réélue avec 60% des voix. Pourtant, certains ont imaginé m’envoyer dans une circonscription africaine (Ndlr : la 9e circonscription des Français de l’étranger). Et si ma place avait été libre, je ne pense pas que l’on aurait laissé mon mandat à une femme…
Les mentalités ont quand même évolué. Aux législatives de 1997, Lionel Jospin a effectivement imposé, avant la loi sur la parité, un quota de 30% de candidates. Je me souviens encore de plusieurs membres du bureau national qui lui disaient : « si tu fais ça, tu vas nous faire perdre les élections ». Beaucoup de circonscriptions tangentes ont alors été attribuées aux femmes. Et elles les ont gagné! Moi, dans le Vaucluse, je l’ai remporté à l’époque avec 50 voix d’avance.

ELLE.fr : Comment arriver à 50% de femmes élues et pas seulement 50% de femmes candidates?
Elisabeth Guigou : Aux législatives de 2012, nous allons présenter 49% de femmes candidates au PS. Il y a encore une marge de progression mais c’est déjà pas mal. Mais pour que, concrètement, on se rapproche des 50 % d’élues, Martine Aubry a pris une décision très forte qui est le non cumul des mandats. Les candidats aux législatives devront prendre l’engagement écrit d’abandonner leurs mandats locaux s’ils sont élus députés. Ce qui va, indirectement, aider notamment les femmes.

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21 11 2011

La Matinale de Radio Classique par Guillaume Durand

J’étais l’invitée de Guillaume Durand ce vendredi, 18 novembre, sur Radio Classique. L’occasion d’évoquer l’accord entre le PS et EELV sur le nucléaire.


Elisabeth Guigou : invitée de l’émission « En… par publicsenat

18 11 2011

Après les travailleurs, le gouvernement s’en prend aux étudiants étrangers

Le ministre de l’intérieur et de l’immigration refuse aux étudiants étrangers diplômés de nos grandes écoles ou de nos universités la possibilité de trouver un emploi chez nous. C’est-à-dire qu’il les reconduit aux frontières de notre pays. Ceci est à la fois honteux, injuste et contraire aux intérêts de notre pays.

Parce qu’il fait de la lutte contre l’immigration l’axe majeur de sa politique, Claude Guéant stigmatise une fois de plus les étrangers. Après avoir voulu donner un sérieux coup de frein à l’immigration légale, celle du travail, en méconnaissance totale de la réalité des besoins de notre pays dans les métiers dit sous tensions, il s’attaque à présent aux étudiants étrangers.

Je m’élève avec force contre ce choix politique qui va à l’encontre des intérêts de la France. Il est honteux qu’après avoir attiré les étudiants étrangers et avoir financé leurs études, le gouvernement souhaite les voir repartir chez eux, souvent dans des conditions difficiles, alors que notre pays devrait pouvoir bénéficier de leurs talents. Surtout nous savons avoir grandement besoin de leur force de travail dans les années à venir et dans le contexte de forte compétition mondiale. Cette décision met en péril l’influence de notre pays dans le monde. A l’avenir et à cause de cette politique, les étudiants étrangers feront le choix d’aller en Chine, en Inde ou aux Etats-Unis qui les accueilleront bien volontiers plutôt qu’en France ou en Europe.

Cette décision est révélatrice d’une attitude globale vis-à-vis de tous les étrangers, qui consiste par exemple à imposer des restrictions de plus en plus fortes à l’octroi de visas ou de permis de séjours. Elle est, de surcroît, en complète incohérence avec la mise en place d’une immigration choisie naguère défendue par Nicolas Sarkozy et désormais jetée, comme tant d’autres mesures précédemment, aux oubliettes.

Elue de Seine-Saint-Denis, je sais pourtant ce que nous devons à nos populations d’origine étrangère. Je sais leur richesse intellectuelle et culturelle. Je sais leur volonté de croire encore en la France et à sa tradition républicaine d’accueil, d’ouverture et  d’intégration. Et je vois qu’elles se donnent souvent plus de mal que les autres pour réussir. Read more »

18 11 2011

Suppression du conseiller territorial au Sénat


Après l’adoption en première lecture vendredi 4 novembre d’une proposition de loi modifiant la procédure d’achèvement de la carte intercommunale, le Sénat poursuit son travail au service d’un acte III de la décentralisation. 

Dans la nuit du mercredi 16 novembre en effet, les sénateurs ont voté par 179 voix contre 136 en faveur d’une proposition de loi abrogeant le conseiller territorial. 
 
Pierre angulaire de la pseudo réforme gouvernementale, création électoralo-politique, homo sarkozus bicéphale à la fois conseiller général et régional, cumulard institutionnalisé, pourfendeur anticonstitutionnel de la parité, élu dispendieux qui aurait pu coûter jusqu’à 1 milliard d’euros, ce conseiller territorial, qui avait subi jusques aux foudres de la droite a donc été supprimé par la majorité de gauche du Sénat, fidèle à ses engagements de campagne. 
 
Le Parti Socialiste se félicite de l’abrogation de ce symbole de la régression démocratique voulue par le gouvernement, et demande à l’Assemblée Nationale d’inscrire le texte du Sénat à son ordre du jour, afin que la suppression du conseiller territorial puisse être définitivement adoptée par les deux chambres. 

17 11 2011

Législatives 2012 : le Bureau national du PS respecte la parité votée par les militants

La loi a imposé la suppression d’une des 13 circonscriptions de notre département de la Seine-Saint-Denis. Le gouvernement a choisi de supprimer la 3ème circonscription (La Courneuve, Aubervilliers) dont le député est Daniel Goldberg. Cela a provoqué le redécoupage de la 6ème circonscription, dont le député est Claude Bartolone, et de la 9ème circonscription, dont je suis députée depuis 10 ans. J’ai été élue en 2002 et réélue largement (60% dans chacune des trois villes) en 2007. J’y ai amélioré le score des socialistes, par rapport aux précédentes élections législatives et aussi par rapport aux élections présidentielles de 2007.

La nouvelle 9ème circonscription comprend l’essentiel de mon ancienne circonscription avec les villes de Noisy-le-Sec, Romainville et le canton de Bondy Nord-Ouest. Aux prochaines élections législatives, la logique et la légitimité aurait été que je m’y représente.

Mais Claude Bartolone, conseiller général de Pantin, président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis et député de la 6ème circonscription a préféré ne pas rester dans la nouvelle 6ème circonscription (Pantin- Aubervilliers) et a souhaité venir dans ma circonscription car il est attaché aux villes des Lilas et Pré-St-Gervais qui depuis le redécoupage, en font partie.

J’aurais préféré rester dans ma circonscription, mais, dans un esprit de compromis, j’ai accepté la décision de Claude Bartolone et de la fédération. J’estime cependant avoir le choix, en tant que seule femme députée sortante, de la future nouvelle circonscription dans laquelle je me présenterai au suffrage des militants et des électeurs.

Le Maire de Pantin, Bertrand Kern, a proposé que je vienne à la place de Claude Bartolone dans la nouvelle 6ème circonscription.

Conformément aux engagements pris et votés par les militants socialistes lors de la Convention sur la rénovation, des circonscriptions doivent être réservées à des femmes pour remplir notre objectif de 50% de femmes candidates et susceptibles d’être élues. Dans notre département qui comprend 12 circonscriptions et 5 députés socialistes sortants, au moins deux circonscriptions gagnables doivent logiquement, être réservées à des femmes. Le Bureau national a décidé mardi soir de réserver pour une femme, la 6ème circonscription.

Daniel Goldberg espérait pouvoir se présenter dans cette circonscription. Je comprends sa déception, je regrette sa colère. Mais je n’accepte pas ses attaques personnelles.

Je suis la seule députée socialiste sortante sur les cinq que compte ce département. Je n’ai effectué que deux mandats, je ne cumule pas et je souhaite me représenter en Seine-Saint-Denis. Car après dix ans de travail intense sur le terrain, j’aime ce territoire et ses habitants. Notre objectif de parité serait bafoué si aucune femme n’était élue et si la Seine-Saint-Denis se retrouvait avec cinq députés hommes. Quant à Daniel Goldberg, qui mérite de rester député, il peut se présenter à Aulnay-sous-Bois, ce que lui a proposé la direction nationale du parti socialiste.