Face à l’extrême gravité de la crise économique et financière, le gouvernement et le président de la République ne font que jeter de la poudre aux yeux et ne formulent aucune proposition sérieuse. Pour juguler la spéculation et prendre les mesures qui nous feront retrouver durablement le chemin de la croissance, c’est dès aujourd’hui qu’il faut agir.
Les gesticulations sur la prétendue règle d’or ne sont là que pour masquer la responsabilité écrasante de la droite dans l’augmentation vertigineuse des déficits et de la dette.
La pseudo règle d’or ne règlerait rien, d’abord parce que l’exigence que les déficits publics ne dépassent pas 3% du PIB est inscrite dans les traités européens, que notre pays, a signés depuis 20 ans, ainsi que dans les lois de programmation budgétaire.
Il ne sert donc à rien d’inscrire une fois de plus un tel engagement dans un nouveau texte, que ce soit la loi ou la Constitution. Ce qu’il faut, c’est respecter, et durablement, cette règle, comme d’ailleurs l’ont fait tous les gouvernements de gauche depuis 1981.
Pour réduire durablement les déficits et la dette il faut des décisions urgentes qui doivent être prises sans attendre le 24 août.
Martine Aubry vient de faire plusieurs propositions de mesures immédiates : suppression des avantages fiscaux liés aux heures supplémentaires pour financer un plan d’emplois des jeunes et soutenir ainsi la consommation qui a beaucoup faibli au deuxième trimestre ; modulation de l’impôt sur les sociétés en faveur des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices, au détriment de celles qui ne font que distribuer des dividendes (coût nul pour les finances publics) ; suppression des niches fiscales, telle que la niche Copé qui a coûté plus de 20 milliards d’euros depuis trois ans; suppression de l’allègement de l’ISF; alignement de la taxation des revenus du capital sur celle des revenus du travail.
Ces mesures urgentes permettraient, comme s’y engage Martine Aubry, de dégager des ressources qui seraient affectées pour moitié à la réduction du déficit et de la dette et pour l’autre moitié au soutien de la croissance par des investissements utiles à l’emploi et à la compétitivité.
Aujourd’hui notre pays ne peut plus se contenter d’annonces sans actions, de réunions médiatisées sans décisions. L’heure n’est plus aux slogans mais à l’action. Notre pays n’a pas besoin d’une pseudo règle d’or qui ne règle rien, ni de paroles qui ne sont qu’un rideau de fumée pour masquer la gravité de la situation et la responsabilité de la droite qui est au pouvoir depuis dix ans. Notre pays a besoin d’actes, maintenant, qui l’engage, comme le propose Martine Aubry, sur un autre chemin pour retrouver les équilibres financiers et relancer la compétitivité, la croissance et l’emploi.