Affaire Bettencourt : Déclarations de Madame Isabelle Prévost-Deprez
On comprend que les déclarations de Madame Prévost-Deprez publiées dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme alarment l’Élysée et les dirigeants de la majorité. Ces déclarations rappellent en effet que madame Prévost-Deprez a été dessaisie d’un dossier de l’affaire Bettencourt.
Ce dessaisissement est intervenu à la suite de controverses publiques avec Monsieur Courroye, nommé procureur de Nanterre par le gouvernement actuel, malgré l’avis négatif du Conseil supérieur de la Magistrature. Ce procureur avait affiché sa proximité avec le chef de l’État qui l’avait décoré.
Il appartiendra à la justice de vérifier le bien-fondé des graves accusations de Madame Prévost-Deprez. Mais ce nouveau rebondissement de l’affaire Bettencourt soulève à nouveau des questions sur le bon fonctionnement de nos institutions et souligne les dégâts de la politique menée par la droite à l’égard de la justice : reprise en main du parquet, marginalisation de juges du siège, tentatives d’intimidations des juges. Ces dérives ont été condamnées par la Cour européenne des Droits de l’Homme.
Il y a un besoin impératif et urgent de garantir le respect de l’indépendance des magistrats : L’indépendance des magistrats du parquet qui ne devraient être nommés qu’avec l’accord du Conseil supérieur de la Magistrature ; L’indépendance des magistrats du siège qui doivent pouvoir, sans pression, sans menace de dessaisissement, instruire toutes les affaires, y compris celles qui touchent au pouvoir.
Le soupçon d’intervention du pouvoir politique d’avoir entravé le cours de la justice mine la confiance des citoyens dans notre démocratie
L’élection présidentielle de 2012 doit permettre que la Constitution et la loi garantissent l’indépendance de la justice de notre pays.

J’étais interviewée, dans le cadre du Journal de 8H sur France Inter de ce matin, sur les conséquences de l’entrée des forces rebelles dans Tripoli.