13 07 2011

Suite à mon déplacement à Tunis

Je viens de passer deux jours à Tunis où j’étais invitée par l’association « Esprit citoyen » créée après le 14 janvier par de jeunes universitaires, intellectuels, cadres d’entreprises, syndicats, pour soutenir la transition démocratique.

Durant ces deux jours, j’ai aussi rencontré les présidents des principaux partis politiques de gauche (Monsieur Ahmed Brahim, Premier secrétaire du mouvement Ettajdid; Monsieur Mustapha Ben Jaafar, membre fondateur du Mouvement des démocrates socialistes; Monsieur Nejib Chebbi ancien Secrétaire général du Parti Démocrate Progressiste (PDP)), ainsi que les présidents des trois principales commissions nationales, crées pour organiser la transition (Monsieur Yadh Ben Achour, Président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique; Monsieur Abdelfattah Amor, Président de la Commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversation; Monsieur Kamel Jendoubi, Président de l’Instance supérieure indépendante des élections).

Première impression : le pays fonctionne malgré des grèves ponctuelles ; aucune impression d’insécurité ; les plages sont bondées, les hôtels, hélas, à moitié vides. Les débats dans la presse sont intenses. La gentillesse des tunisiennes et tunisiens est toujours là.

Première conclusion : il faut absolument retourner passer des vacances en Tunisie. Les touristes sont accueillis à bras ouverts, il n’y a aucun risque et ,surtout, c’est la meilleure façon d’aider le peuple tunisien, si courageux, à réussir la transition démocratique et de contribuer à réduire le chômage qui a fait un bon dramatique.

Deuxième impression : le processus politique avance, malgré les embûches.

La Haute instance présidée par M. Ben Achour a établi une loi électorale, elle tente de faire accepter par les partis une loi sur le financement des partis politiques. Le parti Ennahdha (islamistes de gauche crédités de 20 à 30% des voix selon les sondages) y est opposé car il est riche de subsides rassemblés en Tunisie et à l’étranger. Les autres partis démocratiques, moins riches, y sont favorables.
La Commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversation présidée par M. AMOR, réalise un travail considérable d’investigation sur la corruption et de mise en place de mesures de prévention. Elle a réussi, notamment à partir de dossiers saisis à la Présidence, à transférer plusieurs dossiers à la justice. Quelques condamnations ont été prononcées.
L’Instance supérieure indépendante des élections présidée par M. Jendoubi organise les élections du 23 octobre : établissement des listes électorales ; des règles à respecter ; installations des commissions locales de surveillance des élections : les difficultés sont immenses : aucun fichier d’électeurs digne de ce nom n’existait ; difficulté à recruter des cadres compétents et incontestés. Sa mission est cruciale pour éviter que la régularité des élections de l’Assemblée constituante ne soit mise en cause.

La situation économique et sociale est préoccupante : explosion du chômage, attentisme des investisseurs, chute du tourisme principal secteur d’activité et pourvoyeur d’emplois. Mais la récolte agricole a été bonne, la situation financière du pays est saine et les tunisiens ne veulent surtout pas revenir en arrière.

Toutes celles et ceux que j’ai vus m’ont dit : « c’est difficile, mais on avance ».

Les femmes sont très actives et font savoir haut et fort qu’elles n’accepteront pas qu’on revienne sur leur statut. Elles revendiquent la parité (que la loi électorale protège) et veulent que des femmes obtiennent plusieurs têtes de liste, condition pour qu’elles soient nombreuses dans l’Assemblée constituante, car compte tenu de l’éparpillement des partis (plus de 100), les têtes de listes ont, seules, une chance d’être élues.

La crainte majeure : que le parti islamiste ne soit trop fort, grâce à ses moyens financiers, à ses pratiques clientélistes, à son influence sur les Imams et à son implantation. L’opinion la plus générale est qu’il faut intégrer le parti Ennahdha dans le jeu démocratique. Certains pensent que son score ne peut dépasser 20%, car ce parti n’a pas été à l’origine de la révolution et que jamais celle-ci ne s’est faite sur les mots d’ordre religieux. Mais d’autres s’inquiètent de son influence grandissante, que le ramadan (en août) pourrait encore renforcer.

Jeudi, une marche pour la liberté et contre l’intégrisme à laquelle participaient les principaux partis progressistes et de nombreuses associations, a rassemblé beaucoup de monde à Tunis.

Plus que jamais nous devons tout faire pour aider la Tunisie à réussir sa transition démocratique.

13 07 2011

Très bon article sur la justice des mineurs

Je vous recommande la lecture de ce billet sur le blog de Jean-Pierre Rosenczveig sur la justice de mineurs. L’ordonnance de 1945 organise la spécificité de la justice des mineurs dans des juridictions spécialisées, avec des procédures spécifiques et un but éducatif.

Autour de deux principes cardinaux : la protection et l’éducation des enfants. Or, depuis 2002,Monsieur Sarkozy n’a eu de cesse de malmener ces principes en alignant la justice des mineurs sur celle des adultes.

Aux antipodes de la politique du coup par coup actuellement conduite par votre gouvernement, les socialistes proposent une série de mesures concrètes contre la délinquance des mineurs, qui, en effet, est une grave question. Je développe nos propositions dans mon discours sur les jurés populaires et le jugements des mineurs prononcé début juin à l’Assemblée nationale.

13 07 2011

Martine Aubry annonce son équipe de campagne

Martine Aubry a annoncé son équipe de campagne mardi 12 juillet.

Directeur de campagne : François Lamy

Porte-paroles : Anne Hidalgo, Olivier Dussopt

Conseiller diplomatique : Dominique de Combles de Nayves

Conseiller défense : Louis Gautier

Conseiller culture : Didier Fusillier

Coordination « contenus » : Guillaume Bachelay

Forum des idées, relations avec les think-tanks et les intellectuels : Christian Paul

Relations avec les élus : Michel Destot avec Jacques Auxiette, Marie-Françoise Pérol-Dumont, André Laignel

Relations avec le parti : Christophe Borgel

Relations avec l’Assemblée Nationale : Daniel Goldberg

Relations avec le Sénat : Alain Anziani, Jean-Pierre Sueur et Simon Sutour

Evénements et initiatives : David Assouline

Mobilisation militante : Pouria Amirshahi

Refonder le progrès : Axel Kahn

Société numérique : Daniel Kaplan

Economie-Finances-G20 : Pierre-Alain Muet / Daniel Cohen

Industrie-Innovation-PME : Guillaume Bachelay

Ecologie-Energie : Laurence Rossignol, Philippe Martin / Pierre Radanne

Travail-Emploi : Alain Vidalies / Yves Lichtenberger

Agriculture-Ruralité moderne : Germinal Peiro / Régis Hochard

Transports : Christian Eckert, Bernard Soulage

Economie sociale et solidaire : Marie-Guite Dufay / André Dupon

Recherche-Université : Isabelle This Saint-Jean / Vincent Berger

Europe : Catherine Trautmann, Pervenche Berès

Nord-Sud, Cooperation, Rayonnement : Jean Christophe Rufin, Jean-Michel Severino

Justice : Elisabeth Guigou, Marie-Pierre de la Gontrie / Henri Leclerc

Laïcité-Identité républicaine : Jean Glavany / Yamina Benguigui

Sécurité : François Pupponi, Abdelhak Kachouri

Ville-Logement : Pierre Cohen / Djamel Klouche

Quartiers-Banlieues : Annie Guillemot, Claude Dilain

Services publics : François Brottes, Razzy Hammadi / Maya Beauvallet

Territoires-Décentralisation : François Bonneau, Marie-Françoise Pérol-Dumont

Outre-Mers : Patrick Lebreton, Gilbert Annette, Félix Desplan, Ibrahim Aboubacar

Education : Bruno Julliard / Claude Lelièvre

Droits de l’homme – Lutte contre les discriminations : Adeline Hazan / Paul Bouchet et Michel Wievorka

Femmes : Caroline De Haas / Françoise Héritier

Santé-Sécurité sociale : Jean Mallot / Brigitte Dormont et Pr. Alain Fischer

Jeunesse : Thierry Marchal-Beck, Rama Sall

Personnes âgées–Dépendance-Handicap : Charlotte Brun / Pr. Jean-Claude Ameisen

Immigration : Sandrine Mazetier / El Mouhoud  Mouhoud

Sports : Valérie Fourneyron  / Yohann Diniz

Culture-Média : Patrick Bloche / Sandrine Bonnaire

11 07 2011

Avec Martine Aubry, pour l’égalité femmes–hommes!

Une centaine de personnalités, femmes et hommes, chercheuses et chercheurs, militants et militantes féministes, responsables associatifs, élues et élus, praticiennes et praticiens de l’égalité dans leur milieu professionnel ou leur engagement personnel, issus des rangs du Parti Socialiste ou non ont lancé dimanche un appel pour s’engager aux côtés de Martine Aubry dans la primaire citoyenne.

Ce texte rappelle que notre société accuse un retard immense en matière d’égalité femmes – hommes et qu’il est urgent de tourner la page des inégalités pour en écrire une nouvelle : celle de l’émancipation de toutes et tous. Seule la gauche, qui porte un projet d’émancipation et d’égalité pourra porter un projet de transformation sociale qui fera avancer les droits des femmes et donc les droits de tous.

Pour les signataires de cet appel : «Martine Aubry est la candidate la mieux à même de relever ce défi de l’égalité. En plaçant la question sociale au cœur du projet des socialistes, elle s’engage pour des avancées collectives qui feront progresser nos droits. En proposant que l’égalité entre les sexes soit au cœur de son projet, elle affiche sa volonté de passer des textes à la réalité. Enfin, par son parcours et le travail qu’elle a effectué, dans toutes ses responsabilités, et en particulier depuis trois ans au sein du Parti Socialiste, elle est la mieux à même de rassembler la gauche, condition de la victoire en 2012. »

Signez et faites signer cet appel sur http://avecmartineaubrypourlegalite.wordpress.com/

Vous pourrez trouver sur le blog les propositions de Martine Aubry pour l’égalité femmes – hommes.

Retrouvez l’appel sur Facebook et sur Twitter

Parmi les premiers signataires : Laure ADLER, Journaliste, Christian BAUDELOT, Sociologue, Chantal BIRMAN, Collectif des Associations et des syndicats de sages-femmes, Marie-Laure BRIVAL, Cheffe de service Maternité des Lilas, Fabienne BRUGERE, Chercheuse, Françoise HERITIER, Anthropologue, Memona HINTERMANN, Journaliste, Françoise LAURANT, Militante féministe, Mengue M’EYAA, Présidente du Mouvement Civique des Femmes, Sylvie MEYER, Réalisatrice, Dominique MIGEON, Président d’une association de défense de la Laïcité, Paris 15e, Christine PETIT, Professeure au Collège de France, Camille PEUGNY, Sociologue, Françoise PICQ, Chercheuse féministe, Fabienne SERVAN-SCHREIBER, Productrice, Rachel SILVERA, Maitresse de conférence, Martine STORTI, Inspectrice Générale de l’Education Nationale, Grégoire THERY, Militant féministe, Secrétaire Général du Mouvement du Nid, Philippe TORRETON, Acteur Viviane VAN DE POELE, Présidente du groupe Forum de Romainville.

Lire l’article sur le site du magazine Elle à propos de cet appel

07 07 2011

Quand l’Etat se désengage de la grande précarité, il affiche son mépris de classe et de sexe en laissant 38 femmes à la rue.

Le 30 juin dernier, le seul centre d’hébergement d’urgence du Samu Social à accueillir des femmes, le centre Yves Garel, fermait ses portes laissant 30 femmes sans abris sur le carreau. Cette fermeture intervient après que le Gouvernement ait fait le choix de baisser de 25% ses financements au Samu Social. Si un relogement provisoire a pu être trouvé pour les hommes de ce centre, les 38 femmes quant à elles, sont laissées à la rue faute de places ! Il en manque 13 000 en Ile-de-France.

Du fait notamment de l’évolution des structures familiales et de la bien piètre qualité de leur emploi (temps partiels, intérim, emplois de services à bas salaires, etc.), les femmes présentent plus de risques de dériver vers l’exclusion et la grande précarité. C’est un des symptôme des inégalités que le système actuel produit à l’endroit des femmes. L’hébergement d’urgence peut également être le recours pour des femmes victimes de violences.

Et alors que leur part augmente dans la population sans abris, le Gouvernement est aveugle à cette évolution de fond, comme plus largement à la situation globale de paupérisation de la société.

Sa crédibilité quant à son volontarisme en matière d’égalité femmes/hommes est une fois de plus sérieusement entachée.

Nous demandons le rétablissement des crédits nécessaires au maintien des places d’hébergement d’urgence, particulièrement pour les femmes aujourd’hui encore plus durement touchées. Nous soutenons le rassemblement qui se tiendra ce mercredi à Paris à l’appel de nombreuses organisations pour protester contre cette fermeture. C’est une question de justice et de dignité.

Danielle BOUSQUET, Députée des Côtes-d’Armor, Vice-présidente de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale

Daniel GOLDBERG, Député de Seine Saint-Denis

Elisabeth GUIGOU, Vice-présidente de l’Assemblée nationale, Députée de Seine Saint-Denis

Fatima LALEM, Adjointe au Maire de Paris chargée de l’égalité femmes/hommes