29 04 2011

La barbarie terroriste révolte la Marrakchie que je suis

C’est avec une immense émotion et une profonde indignation que j’ai appris qu’un attentat avait frappé Marrakech en plein cœur ce jeudi. Cet acte d’une barbarie et d’une lâcheté effroyable qui a causé la mort de seize innocents, dont au moins 6 français, est un drame pour le Maroc et ses amis.

Je tiens à adresser à toutes les familles des victimes, aux autorités marocaines et à l’ensemble du peuple Marocain, toutes mes condoléances et ma profonde solidarité dans cette épreuve.

J’ai vécu les 18 premières années de ma vie dans cette belle ville de Marrakech.  La voire ainsi meurtrie me touche tout particulièrement. Je garde de ces années le souvenir d’une coexistence chaleureuse entre toutes les nationalités, les religions et les cultures.

J’espère profondément que les réformes en cours au Maroc et dans le Maghreb conduiront à une transition démocratique apaisée et à un développement plus égalitaire.

 

27 04 2011

Quand M. Sarkozy souhaite fermer nos frontières à des fins électoralistes…

La course à l’extrême-droite de Monsieur Sarkozy prend une tournure de plus en plus inquiétante. Suspendre l’application des accords de Schengen, c’est le rétablissement des frontières et la fin de la libre circulation des personnes en Europe. Rien de moins que la fin d’un droit fondamental garanti aux citoyens de l’Union européenne depuis plus de vingt ans !

Il est bien sûr indispensable de prendre des mesures face à l’afflux soudain de population extra-communautaire, mais la réponse ne peut se trouver dans le chacun pour soi. Un pays de l’Union ne peut s’affranchir des règles communautaires surtout lorsqu’elles font partie du Traité de l’Union européenne. Une décision unilatérale de la France et de l’Italie serait une menace pour l’Union européenne et un désastreux signal envoyé au reste du monde.

Ce serait aussi courir le risque d’ouvrir une boite de pandore que rien ne pourrait refermer. Car après la fermeture des frontières, tel ou tel pays de l’Union pourrait demander la suspension de la citoyenneté européenne, de la Charte européenne des droits fondamentaux, voire de l’Euro ! En suivant messieurs Sarkozy et Berlusconi, l’Union européenne s’expose à un démantèlement de ses politiques communes et des acquis qu’elle a porté.

Et quelle honte pour notre pays de voir que notre seule réaction face à  cet afflux de migrants fuyant les désordres inévitables consécutifs aux transitions démocratiques en cours dans les pays arabes est de nous refermer sur nous-même ! C’est une régression inacceptable et d’ailleurs préjudiciable aux intérêts de notre pays car la France a des devoirs et des intérêts vis-à-vis de ces pays.

Il eut été beaucoup plus avisé de demander à l’Union européenne de répartir les quelques 25 000 migrants tunisiens dans la plupart des 27 états membres de l’union. Et songeons que nous nous fermons à 25 000 tunisiens, alors que dans le même temps un petit pays comme la Tunisie réussit à accueillir 250 000 réfugiés libyens !

La solution réside dans une amélioration de notre coopération avec ces pays pour les aider dans leur développement économique, politique et social. Ce sont l’emploi, l’éducation, la santé et les libertés publiques qui fixeront les populations dans ces pays. C’est pourquoi nous devons leur apporter tout notre soutien dans ces domaines. La France et l’Union européenne doivent envoyer des signaux positifs, se montrer comme des partenaires et non comme des adversaires.

Le printemps arabe est un formidable espoir qui doit aussi nous appeler au renforcement d’une communauté euro-méditerranéenne. Ce que nous avons fait avec les pays d’Europe centrale et orientale dans les années 90, nous devons le faire aujourd’hui avec le sud de la Méditerranée, sans perspective d’adhésion, mais avec de nouveaux instruments adaptés aux besoins de ces pays, en évitant tout paternalisme. Nouvelle politique de voisinage, nouvelles structures, nouveaux programmes… tout doit être mis sur la table pour que nos relations avec nos voisins du sud de la Méditerranée soient vécues non comme une menace mais comme une force dans la mondialisation. Car une communauté euro-méditerranéenne, puis euro-africaine, pourra peser dans le monde d’aujourd’hui et de demain.

Mais ce nouveau défi, ce n’est pas monsieur Sarkozy qui le relèvera. Ce repli nationaliste et xénophobe qu’il propage au côté de monsieur Berlusconi est catastrophique pour l’Union européenne. Ce sera aux socialistes, lorsqu’ils seront à nouveau aux responsabilités en 2012,  de porter à nouveau cet idéal européen, euro-méditerranéen et euro-africain.

26 04 2011

Le régime syrien et son Président s’exposent à des sanctions internationales

Depuis le début des manifestations en Syrie il y a un mois et demi, la répression est de plus en plus brutale et meurtrière. Le régime syrien n’a cessé de s’enfermer dans une spirale de la violence.

Je tiens à rappeler une fois de plus que les massacres des manifestants pacifiques doivent cesser immédiatement.

Cette violence meurtrière ne peut perdurer un jour de plus, le régime syrien et son Président doivent savoir qu’ils s’exposent à des sanctions économiques, politiques et judiciaires internationales s’ils persistaient dans la voie de la répression sanglante.

22 04 2011

Lettre à l’ambassadrice de Syrie en France

En tant que présidente de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la Syrie, je ne peux que marquer mon indignation face aux répressions sanglantes des aspirations légitimes au changement du peuple syrien. Je l’ai fais savoir officiellement en envoyant aujourd’hui une lettre à l’ambassadrice de Syrie à Paris qui décrit mon ressenti de la situation en ces termes.

Lors d’un précédent entretien téléphonique avec Madame Lamia Youssef Shakour le 1er avril dernier, j’avais déjà insisté sur la nécessité absolue de préserver les vies humaines lors des opérations de maintien de l’ordre. Je suis aujourd’hui bouleversée et révoltée d’apprendre que plus de 170 manifestants pacifistes auraient été tués depuis le début des manifestations en février dernier.

J’ai bien noté que le Président Al-Assad a annoncé la levée de l’état d’urgence le 19 avril dernier. C’est un premier acte positif qui doit nécessairement en appeler d’autres. Je ne sous-estime pas la difficulté pour le pouvoir en place de conduire une politique de réforme de grande ampleur. Mais dans la situation actuelle, des réformes plus nettes doivent être décidées et la répression par les armes à feu interdite.

En juillet dernier, la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la Syrie que je présidais, publiait un rapport voté à l’unanimité des membres de la commission des Affaires étrangères, intitulé « Quel chemin pour Damas ? ». Ce rapport exprimait une confiance dans la poursuite des réformes politiques et économiques engagées. Il décrivait les progrès, mais aussi nos craintes pour l’avenir. Aujourd’hui, nos craintes se confirment. Face aux évènements récents, le régime syrien me semble, hélas, emprunter un mauvais chemin.

22 04 2011

Emission le Oui-Non de Michel Field le 21 avril 2011

J’étais l’invitée de Michel Field pour son émission le Oui-Non sur LCI le 21 avril dernier. Retrouvez ici l’intégralité de l’émission.