31 01 2011

ALERTE des ÉgalEs : Non au « ticket mixte » titulaire/suppléantE aux législatives

ALERTE des ÉgalEs :

Non au « ticket mixte » titulaire/suppléantE aux législatives

 

 

Les ÉgalEs alertent les militant/es de la parité sur les risques d’une proposition de loi déposée par le député Olivier JARDÉ (Nouveau Centre), membre de l’Observatoire de la Parité, que l’on peut retrouver sur le site de l’Assemblée Nationale.

http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3089.asp

Cette proposition de loi comporte un article unique: 

« Le candidat et son remplaçant sont de sexe différent. »

Dans l’exposé des motifs, on peut lire:

La loi n° 2008-175 du 26 février 2008 a permis de favoriser la représentation féminine au sein des conseils généraux en imposant que le candidat et son remplaçant soient de sexe différent.

Cette disposition ayant eu un effet bénéfique incontestable au niveau de la parité, il vous est proposé, d’étendre cette disposition au mandat de député.

Or les travaux de l’Observatoire de la Parité ne semblent pas avoir prouvé ce « bénéfice incontestable (de la loi du 26 février 2008) au niveau de la parité« . On peut aisément s’en convaincre en consultant à ce sujet  le Communiqué de presse du 10 avril 2008:

http://www.observatoire-parite.gouv.fr/espace_presse/communiques/c_20080410.htm

qui concluait: « L’introduction d’un ticket mixte entre titulaires et suppléants a été l’occasion de cantonner les femmes au rôle de suppléante, quel que soit le parti. »

On trouvera à la suite de ce Communiqué de Presse les chiffres comparatifs entre les résultats de 2004 et ceux de 2008: le pourcentage de conseillères générales est passé de 10,9% en 2004, à 13,1% en 2008, soit + 2,2%. Est-ce là un « effet bénéfique incontestable« ?

Les assemblées départementales sont hélas restées, au regard de la parité, après la loi de 2008 d’une stabilité marmoréenne. Et les suppléantes élues (c’est aussi le cas des quelques suppléants), sans responsabilités ni mandat, ont été prestement renvoyées à leurs activités antérieures.

Comment s’étonner dès lors de voir s’élever dans certains départements, dans le cadre de la préparation des élections cantonales de mars 2011, une bronca de nombreuses militantes qui refusent de jouer les potiches et d’être suppléantes, alors que la loi du 26 février 2008 a justement permis de figer chacun dans leurs rôles, les hommes candidats/les femmes suppléantes ?

Les ÉgalEs estiment que cette proposition de loi est la marque d’un cynisme politique inacceptable, ils/elles demandent fermement qu’elle soit annulée et que les parlementaires traitent enfin avec sérieux la question de la parité aux législatives.

30 01 2011

Les jeunes, premières victimes du démantèlement du service public d’éducation

Le budget 2011 présenté par le gouvernement est une catastrophe pour l’éducation et l’enseignement dans notre pays: plus de 16 000 suppressions de postes sont prévues et
40 postes d’enseignants vont être supprimés en Seine-Saint-Denis.

Depuis que la droite dirige notre pays, il y a eu près de 70.000 suppressions de postes. Ces suppressions engendrent une dégradation des conditions de travail des enseignants et des élèves. De la même manière que Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont piétiné le dialogue social pendant la réforme des retraites, leurs choix politiques en matière d’éducation se font toujours au mépris de la concertation, du respect des partenaires sociaux et des réalités sociales des territoires.

Nous le savons tous, et tous les rapports récents le montrent, l’accroissement des inégalités scolaires est lié aux origines sociales et les familles les plus défavorisées sont souvent reléguées dans les établissements qui concentrent toutes les difficultés.

De nombreux établissements de la Seine-Saint-Denis bénéficiaient jusqu’à présent de moyens supplémentaires pour répondre aux besoins des enseignants et des élèves. Dans ma circonscription par exemple, le Lycée Professionnel Théodore Monod de Noisy-le-Sec pouvait, grâce à des moyens supplémentaires, limiter le nombre d’élèves à 24 en classe et dédoubler de nombreux enseignements.           

Le Lycée Professionnel Théodore Monod accueille près de 60% d’élèves issus de catégories socio professionnelles défavorisées (soit 10 points au dessus de la moyenne du département de la Seine Saint Denis, le plus pauvre de France). 75% des élèves du Lycée sont boursiers et 72% vivent au sein de familles mono parentales.

Vendredi 21 janvier, les professeurs ont été informés que leur Lycée allait perdre l’enveloppe d’heures dites « Elèves en difficulté », spécifiquement allouée à cet établissement classé en « Zone prévention violence ». Ces heures permettaient notamment l’organisation de demi groupe pour les classes de secondes ou les classes rencontrant de grosses difficultés et de proposer un module de Français, véritable soutien pour les élèves non-francophones qui ne maîtrisent pas les bases essentielles de la langue.

Cette diminution de moyens conduira automatiquement à la suppression de ces projets pourtant essentiels pour l’éducation des élèves, à la suppression de postes dans l’établissement et ne fera qu’accroitre la perte de confiance des jeunes dans la capacité de leur école à être un ascenseur social.

 

Mardi 25 janvier, face à l’absence de réponse à leur courrier envoyé au Rectorat en date du vendredi 21 janvier, l’Assemblée générale des enseignants a décidé de se mettre en grève reconductible, tant que le Recteur ne reviendrait pas sur la suppression de ces heures « Elèves en difficulté ».

L’Etat ne cesse de se désengager et les collectivités territoriales prennent en charge une part de plus en plus importante des investissements dans l’Education. Le Sénat a d’ailleurs récemment proposé le transfert de plusieurs millions d’euros du budget de l’Enseignement public vers le privé, alors que la majorité des suppressions de postes concerne le public. 

Les enseignants de nos établissements scolaires veulent que soit assurée l’égalité des chances pour tous, un des fondements de notre République. C’est pourquoi je leur apporte tout mon soutien pour défendre notre système éducatif qui s’attaque aux inégalités sociales et qui garantit l’égalité des chances. Si nous ne faisons pas de l’éducation notre priorité, nous n’arriverons pas à nous relever d’une crise déjà existante et profondément aggravée par les décisions du gouvernement. Le Ministre de l’Éducation nationale, Monsieur Luc CHATEL, après l’annonce de la prime de performance aux recteurs qui a fait bondir les syndicats d’enseignants, a récemment annoncé la mise en place d’une prime au mérite pour les chefs d’établissements. Une politique de « rémunération variable » de l’encadrement qui, justifie- t-il, « existe dans l’immense majorité des entreprises de notre pays »…Mais l’’école n’est certainement pas une entreprise comme une autre et les syndicats d’enseignants se demandent à juste titre si la prime ne sera pas indexée, dans les faits, au nombre de suppressions de postes acceptées par leur chef d’établissement… Par l’annonce de la suppression de l’enveloppe d’heures dites « Elèves en difficulté », spécifiquement allouée aux Lycées classés en « Zone prévention violence » comme le Lycée Professionnel Théodore Monod de Noisy-le-Sec, nos enfants seront une nouvelle fois les premières victimes du démantèlement du service public d’éducation.

28 01 2011

Parlement Hebdo sur Public Sénat

J’étais l’invitée de Parlement Hebdo vendredi 28 janvier, l’occasion de commenter l’actualité parlementaire de la semaine écoulée.

27 01 2011

A propos de mon soutien à Stéphane Hessel

Devant certaines incompréhensions suscitées par mon soutien à Stéphane Hessel et mon interview accordée à Mediapart, je veux redire très clairement à tous, ma position sur la situation en Israël et en Palestine.

Comme vous le savez, je suis très attachée à la légitimité de l’Etat d’Israël. La question de sa sécurité dans la région est primordiale. J’ai toujours considéré que la lutte contre toute forme de racisme ou d’antisémitisme devrait être une priorité. Je crois à la force de notre communauté nationale au sein de la République pour y parvenir.

Je me suis toujours élevée contre les propos ou les actes antisémites, notamment en Seine-Saint-Denis. Lorsque j’ai pris les fonctions de Garde des Sceaux, l’une des premières circulaires de politique pénale que j’ai adressée aux procureurs généraux concernait la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Je soutiens toutes les actions menées dans mon département de la Seine-Saint-Denis pour sensibiliser les jeunes à ces problèmes et, notamment, les initiatives prises par les enseignants du lycée professionnel Théodore Monod à Noisy-le-Sec, qui, chaque année depuis 7 ans, conduisent les élèves à Auschwitz pour leur montrer l’horreur de la Shoah.

Je souhaite ardemment la fin du terrible conflit Israélo-Palestinien sur la base des résolutions des Nations Unies. La poursuite de la colonisation dans les Territoires palestiniens me choque profondément. Elle fait obstacle à la reprise des négociations de paix. Elle exacerbe les tensions au détriment de l’Autorité palestinienne et au profit du seul Hamas.

Stéphane Hessel a appelé au boycott des produits israéliens provenant des territoires occupés. Je n’ai, pour ma part, signé, aucun appel au boycott. Je condamne par ailleurs, fermement, toute action directe de destruction par la force de produits israéliens ou toute action visant à empêcher les personnes de confession juive d’acheter des produits israéliens.

En revanche, j’ai accepté de signer l’appel (que je reproduis ci-dessous), qui demande que cessent les poursuites judiciaires contre Stéphane Hessel et plusieurs personnes accusés de « provocation publique à la discrimination » et ceci à la demande et sur instruction de Mme  Alliot Marie, alors Garde des Sceaux.

Pour toutes ces raisons, je ne puis accepter que mon profond respect pour le peuple israélien soit remis en cause, et que mon soutien à Stéphane Hessel soit ainsi détourné. L’appel qu’il a lancé, et que j’ai choisi de soutenir, demande que cessent les poursuites judiciaires contre les personnes qui avaient appelé au boycott des produits fabriqués dans les territoires occupés. Pour moi, comme pour les 13 000 personnes qui ont rejoint l’appel de Stéphane Hessel, cette initiative est une position politique qui doit se régler dans le débat public, et non devant les tribunaux.

Appel du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens : Solidarité avec Stéphane Hessel, Alima Boumedienne-Thierry et toutes les victimes de la répression

Bordeaux, Mulhouse, Perpignan, Pontoise… : en ce mois d’octobre, des hommes et des femmes sont poursuivis pour « provocation publique à la discrimination » – y compris une sénatrice de la République, Alima Boumediene-Thiery. Ailleurs, d’autres sont convoqués par les préfectures et menacés de procès du même type. Un ancien commissaire de police prétend même poursuivre… Stéphane Hessel, grand résistant, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et ambassadeur de France !Tous risqueraient jusqu’à 45 000 euros d’amende et trois ans de prison suivant la qualification des poursuites … Quel crime ont donc commis ces citoyens, connus et inconnus, pour mériter une accusation aussi infamante et encourir des peines aussi lourdes ? S’être dressés contre l’occupation et la colonisation de la Palestine par Israël, et notamment contre les « crimes de guerre » voire « contre l’Humanité » que le rapport Goldstone accuse son armée – et, dans une proportion nettement moindre, des groupes armés palestiniens – d’avoir perpétrés pendant la guerre de 2008-2009 contre la bande de Gaza. S’être révoltés contre l’impunité dont jouit un État qui viole pourtant ouvertement le droit international et les résolutions des Nations unies. Et avoir décidé de prendre leurs responsabilités en appelant eux-mêmes au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre cette politique condamnée par la grande majorité des opinions française, européenne et mondiale.

Pour présenter, contre toute évidence, cette action citoyenne comme raciste, il aura fallu que la ministre de la Justice s’abaisse à inventer, en février 2010, un « boycott des produits casher » qu’aucun dirigeant, aucun groupe, aucun militant du mouvement de solidarité pour une paix juste et durable au Proche-Orient n’a jamais prôné. Puis qu’elle exige des Parquets qu’ils poursuivent les militant-e-s pour « provocation publique à la discrimination ». Et celle qui diffame et menace ainsi des innocents appartient à un gouvernement qui, toute honte bue, non seulement stigmatise une communauté entière en raison de son origine ethnique, mais expulse illégalement de la « patrie des Droits de l’homme », sur cette base, des milliers de ressortissants d’Etats membres de l’Union européenne.

C’est pourquoi nous disons à Michèle Alliot-Marie : « Pas ça et pas vous ! ». Certains d’entre nous appellent au boycott de tous les produits israéliens ; d’autres « ciblent » les seuls produits des colonies israéliennes ; d’autres encore choisissent des formes d’action différentes. Mais nous sommes tous unis pour refuser catégoriquement que les militant-e-s de la campagne internationale Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) soient accusés et jugés pour « provocation publique à la discrimination » alors qu’au contraire ils combattent contre toute forme de discrimination, pour le droit de tous les peuples à l’autodétermination, pour l’application à tous les États du droit international et des sanctions prévues lorsqu’ils le bafouent. Tous ensemble, nous exigeons, à la fois au nom du droit international et des libertés : le retrait immédiat des directives envoyées par la ministre de la Justice et son administration aux Parquets et la relaxe immédiate de ces innocents. Honneur à celles et ceux qui font leur le combat pour la justice et la paix que les autorités françaises ont trahi.

26 01 2011

Emission In situ sur la Chaine Parlementaire